03 janvier 2006
C’est louche
Les hommes souffriraient ils de sérieux problèmes de strabisme ?
Très sérieuse question que je me pose.
Les crises de strabisme les plus aigues chez l’homme se manifestent lorsqu’il est en compagnie de sa femme ou copine (« sa meuf »).
Pour bien observer ce phénomène curieux rien de plus pratique qu’une rame de métro, puisque les conditions y sont souvent réunies.
Généralement les couples passionnés (ceux à guetter) ne s’assoient pas, ils restent debout, la fille, la tête relevée vers son homme le regardant avec des yeux brillants, plein de petites étoiles qui pétillent tellement qu’on arrive à apercevoir quelques éclats qui s’échappent sur les côtés, l’homme la couvre d’un regard protecteur et d’un sourire : mélange de douceur et de satisfaction, la fille trop comblée par cette décharge de passion qu’elle sent jusqu’à sa petite culotte se love contre son homme, fermant les yeux au contact de sa poitrine ou elle sent ce cœur battre pour elle et rien que pour elle.
Jusque là tout va bien.
La crise de strabisme se manifeste lorsque juste derrière la fille en question se trouve une autre fille. Là on remarque clairement que les yeux de l’homme n’arrivent pas à gérer la juxtaposition de deux corps féminins, la fille dont le regard est trop rapproché de celui de son mec pense qu’il louche à cause de la proximité "Oh ! J’adore quand son regard se « trouble » "…
Ce qui est marrant c’est que vous remarquerez que la fille derrière n’est pas obligatoirement plus belle, ni mieux foutue, c’est juste que c’est « l’autre » et être « l’autre » est un argument assez éblouissant et magnétique pour dilater puis exercer un attrait irrésistible sur les pupilles de l’homme maqué souffrant de strabisme.
Je me suis posé la question sur ce qu’espère l’homme à ce moment précis en louchant sur une autre. Quel est le message qu’il espère lui passer par cette tentative de communication muette ?
- En ce moment j’ai trop d’amour en stock, et donc je fais une promo, je fais deux pour le prix d’une : t’es intéressée ?
Ou
- Tu as vu le calvaire que je vis avec ce pot de colle ! J’ai besoin de souffler ! Veux tu être mon oxygène ?
Ou est ce tout simplement le seul moment où le mec peut mater sans risque de passer à l’acte par conséquent la peur de se prendre un râteau est éliminée ... et puis même si « L’autre » se désintéresse de son regard c’est sûrement parce qu’il est avec sa copine et non pas parce qu’il ne lui plait pas !
En gros c’est le plan drague où l’homme prend le moins de risque avec son ego.
Moi je dis que ça doit être pour ça que cette maladie est assez répandue.
14 octobre 2005
Une histoire qui a dû vous arriver
Du
pied de l’escalator, qui vient de me cracher en queue de train, j’aime admirer
l’obstination intarissable et quotidienne des gens à avancer en troupeau et
converger tous vers le milieu du quai … Comme si l'herbe était plus verte là
bas… au milieu.
Ne pensez
pas que je me plains ! bien au contraire : grâce à ce comportement instinctif
de la foule, j'augmente mes chances de monter dans le train du premier coup. Je
dis « j’augmente mes chances » car malheureusement je ne suis jamais
la seule brebis galeuse du troupeau. Ça serait trop beau et rien n’est jamais
trop beau.
Le
train arrive, fidèle à sa réputation : blindé.
Je me
place au milieu d’un petit groupe, devant la dernière porte de la dernière rame,
je me fonds dans la masse et me laisse emporter par elle. Comme à chaque fois,
un drôle de phénomène physique se produit : le groupe d’individu de tout à
l’heure devient de plus en plus compact jusqu’à ce qu’il forme une et une seule
entité qui pousse, se compresse et essaie de s’introduire en entier tant bien
que mal dans la rame avant que les portes ne se referment. Des fois elle y
arrive des fois elle laisse ses jambes sur le quai.
Son
haleine matinale me fait perdre mes illusions et m'envoie chercher le luxe de
respirer un air " potable " ailleurs, j'exécute avec brio une semi-rotation de 90° et je me retrouve nez à nez
avec un petit gros qui m'accueille avec un drôle d’air.
Fuir
ce regard pernicieux...
Mais
comment ? Impossible de chercher refuge dans les lignes de mon bouquin
:
il repose dans mon sac coincé entre deux cuisses quelque part... Je
ferme les
yeux, respire, expire et je répète 2 ou 3 fois et les réouvre, pas de
miracle :
le rictus au dents irrégulièrement espacées se fait de plus en plus
insistant. Son faciès est animé par une espèce de mouvement pervers de
ses iris que j'aperçois
à travers ses lunettes sales.
Manifestement,
il y a là un message subliminal que je ne saisi pas.
Regarder
ailleurs… Mais où ? Je baisse la tête... Et BINGO ! Je tombe sur le sujet
de la bonne humeur du Monsieur !
Là,
juste sous son ventre, dont le concave fait écarter les boutons de sa chemise,
se niche l'objet de sa fierté.
Trop
fier de l'exploit matinal de son phallus qui a réussi a dépasser la proéminence
de son ventre d'un petit cm, il tenait à partager sa fierté avec moi.
Son
attitude supposait que j’aurai dû me sentir flattée !
Et
dans le cas ou j'aurais encore un doute, il donne un pathétique coup de bassin
vers l'avant histoire de donner plus d'amplitude à son érection.
Ce
geste est d'autant plus ridicule que son ventre n'avance pas moins que le
sujet en question.
J’aurai
bien voulu lui expliquer que ça aurait été plus intelligent et plus efficace de
retenir sa respiration et rentrer son ventre. En
même temps s'il avait un peu plus que deux neurones il ne serait pas en train
d'exhiber son corps d'athlète... du lancé de poids… et d'un autre côté, s’il avait eu le corps d'un nageur olympique, ça
aurait été le petit blondinet à ma gauche qui y aurait eu droit …
13 octobre 2005
Un classique
Lui : Excusez moi, ce métro va à " Sablon " ?
Moi : Oui, d'ailleurs ici c'est le terminus donc il n'y a qu'une seule direction pour cette ligne.
Lui : .. Et.. vous être du coin ?
Moi : Je travaille dans le coin.
Lui : Et sinon, vous être de quelle origine, si c'est pas indiscret ?
Moi : Vous avez raison.
Lui : !?
Moi : C'est indiscret.
Depuis le temps, les techniques de drague n'évoluent pas.
Navrant, le manque d'originalité et d'imagination en la matière.
12 septembre 2005
Comment la décrire ?
1,60 m de grâce et de
finesse.
Ses cils d’une longueur et
d’une courbure surnaturelles écartent ses yeux teintés d’un vert pas commun.
Deux arcs parfaits surplombent ses paupières à une distance insolente et
donnent à son regard la profondeur qu’il mérite. Le torrent de boucles d’un
blond vénitien est maîtrisé en haut de sa tête par une queue de cheval altière.
Ainsi attachés, la vue sur son petit visage en triangle, et son décolleté sans
prétention est dégagée. Une main de maître a éparpillé des tâches de rousseurs créant
l’illusion d’une pose hasardeuse, là réside le génie de son œuvre.
Elle mordille ses lèvres
délicates, le regard dans le vide tout le monde la regarde et elle ne voit pas
le monde. Habituée à être regardée, elle ne s’en rend plus compte. Elle se
retourne et m’offre son plus beau profil, mon dieu que son nez est exquis que
son menton est digne.
J’essaie de détacher mon
regard de cette beauté mais rien n’y fait, je suis (et pas la seule)
prisonnière de cette splendeur qui a accroché mon regard. Elle ne me verra pas,
les autres sont occupés à la regarder, j’en profite sans honte : c’est pas
tous les jours que la nature fait bien son boulot... à croire qu’elle a signé
avec les bistouri-logues.
07 septembre 2005
Los Angeles River
Un silence sourd entoure la cabane, la puanteur de la chaire en pleine décomposition leur
attaque les narines à un rayon considérable. Harris demande à Rachelle d’attendre,
de ne pas franchir la porte, il fallait
qu’il fasse le tour de la baraque avant. Il essaie de regarder à l’intérieur,
il pousse une moustiquaire et se fait assaillir par les mouches qui semblaient
elles même fuir la puanteur et il y en avait un paquet. Il n’arrivait pas à
distinguer l’intérieur de suite, il attendit que ses yeux s’habituent au noir.
Petit à petit, une silhouette allongée avec un chapeau sur le visage se dessine
devant ses yeux. Il essayait de
réfléchir à toute vitesse, quelque chose clochait : pourquoi le poète
a-t-il laissé cette lettre au bar, alors qu’il aurait bien pu la laisser ici
dans la baraque. Il crie à Rachelle de ne pas rentrer, d’attendre les renforts.
Elle s’impatiente, elle voulait l’avoir depuis tellement de temps, attendre si
près du but était insupportable. Harris se fait de plus en plus méfiant, il
l’informe de la présence d’un corps. Le cœur
de Rachelle s’accélère : Etait ce lui ? Etait il mort ? la seule façon de le
savoir, c’est d’ouvrir cette porte. Sa
main est déjà sur la poignée … elle la fait tourner..
VLLLLLLLLLAAAAAANNNN
WAAAAAA Putain c’est
quoi ce truc !
J’ai failli
m’évanouir ! Un mec vient de se lever de son strapontin et je viens de
pousser un cri assez net pour que ma voisine sursaute à son tour. Les regards de
ma rame de métro sont tournés vers moi, je pars d’un fou rire nerveux avec des
bafouillements du genre « heu.. excusez moi, c’est juste que j’étais
dans mon bouquin et c’était un moment assez …. » Et je ne trouve plus de mots ! mais ils ont compris. Mon
fou rire est contagieux et tout le monde se met à rire ... ça a duré un bon
moment …
12 août 2005
Angel Milk
Quand je me lève du pied gauche comme hier matin, quand mon oreiller refuse de me libérer, quand il faut que je me traîne jusqu’au taf malgré mon manque d'enthousiasme apparent.
Quand je suis obligée de faire le trajet de tous les jours sauf qu’aujourd’hui je m’en serai bien passée...
Je ne sais pas pour vous mais moi je réagis dans ces cas là, et j'ai donc décidé de changer la tournure que prenait ma journée.
De transformer la grisaille en ciel bleu, la moiteur d’une rame de métro en brise légère, de voir dans les murs gris criblés de PUB une étendue de prés verdoyants, de sentir une odeur de fleurs flottant dans l’air alors que ça sent un mélanges de renfermé, d’égouts et de sueur.
Comment ? Vous me direz.
Angel Milk…
Ca avait mal commencé, mais j’ai pensé à un remède. Je frémissais de désir, je rosissais de plaisir dès les première notes ... La voix d’Angela MC Cluskey m’a transportée... J’ai commencé à construire mon monde, petit à petit ça se mettait en place, je commençais à sentir la rosée sur ma peau, un vent parfumé me caressait le visage, je planais, tous se passait bien ... comme prévu … J’allais déjà mieux, j’étais même bien ...
« Gling , Glong et Re-Gling et Re-Glong… ! »
Mais c’est quoi ce truc, qu’est ce qui se passe !? Mon monde s’écroule comme un château de carte, c’est quoi ces nuages qui osent gâcher mon ciel... Malgré moi, j’enlève mes écouteurs :
« ALORS REGARDE, REGARDE UN PEU... »
Au seeecoooours ! Patrick Bruel ! Où du moins un chanteur de métro avec sa guitare qui ne l’imite que trop bien !
Je jure contre cette intrusion inattendue. Contre l’agression de ce pseudo chanteur qui se permet de s’introduire dans mon monde parfait avec ses notes disgracieuses alors que je ne lui ai rien demandé. Et en plus il faut le payer pour qu’il arrête ça torture.
Battue, le message était clair : "t’auras beau essayer, ta journée sera de merde."
Ok : j’ai perdu bataille mais pas la guerre...
www.telepopmusik.fr
10 août 2005
La penseuse
Je
saute dans ma rame de RER, je ne sors pas mon bouquin : je n'ai pas
envie de lire. Je regarde les visages des gens autour de moi. De tout,
je vois de tout. L'autre m'intrigue. Je ne fais pas partie des gens qui
pensent qu'une foule est con. Moi la foule me fascine : Compacte,
fluide, statique ou dynamique la foule peut prendre la forme qu'elle
veux, elle reste toujours aussi complexe et furieusement attirante à
mes yeux.
Qui sont ces gens qui constituent cette foule qui m'entoure ?
La
belle black aux yeux de biche dont le sourire en coin et l'air rêveur
laisse supposer une nuit de bonheur. L'homme qui s'endort ou presque en
tenant la barre avec ses deux mains histoire de ne pas s'écrouler.
La
fausse blonde plongée dans son polar et hermétique à tout ce qui se
passe autour d'elle. Le jeune brun qui doute de son hygiène et se
renifle discrètement les aisselles.
La grosse et laide sur
laquelle la nature s'est acharnée avec en bonus maladie de peau
qui lui dévore les bras et le visage..
La petite brune qui scrute un peu tout le monde avec une insistance mal saine (bon elle, je la connais bien, c'est moi !)
Qui
sont tous ces gens qu'on appelle les autres, qu'on ne connaît pas et
dont on se méfie, dont on essaie d'éviter le regard, le contact
physique, des fois même l'air qu'ils respirent..
Ces gens sont " moi " nées à un instant différent dans un lieu différent avec un physique, des parents, un entourage et des moyens et une culture différents.. Ces gens là sont moi avec des conditions de vie différentes.. J'aurais pu être les autres et les autres auraient pu être moi.
PS :
Bon la prochaine fois promis je lis mon bouquin et je ne fais pas chier ..
La scrulture "La penseuse" vient du site de la fondation A.S.A.P "Association For Small Africain Projects"



