AigreDouce

Vraiment de tout

27 janvier 2006

No, no no, no don’t funk with my eyes …

Faite comme un rat,  j’ai subis en silence ce supplice que je n’ai point choisi ... je ne pouvais plus bouger, je ne pouvais plus m’enfuir,  j’avais fait le choix de venir, mais quitter le navire était impossible... même avec ce mal de mer …

Pourquoi me suis-je embarquée la dedans ? Et dire qu’on nous avait présenté ça comme une surprise !
Je m’étais préparée psychologiquement à ce qui devait suivre c’est à dire le discours du big boss, mais pas à ça !! Pas à me farcir un documentaire sur la vie et les challenges d’un navigateur, dont je  me contrefiche … Je n’aime pas la navigation, tout ce que çà m’inspire c’est une envie de gerber qui se confirme au fur et à mesure d’images de mer agitée qui défilent, je me voyais asperger la nuque bien rasée du collègue juste devant moi ... cette idée m’amusait un peu ... Dans ces moments là on s’amuse comme on peut,  de temps à autre je me retournais pour dévisager les autres, et bien beaucoup n’arrivait pas à cacher leur ennui, les uns baillaient, d’autres discutaient…

Mais pourquoi ? Qu’est ce que ça vient foutre dans une soirée d’entreprise !? Nous rappeler qu’il y a des gens qui font des boulots qui les passionnent ? Qu’ils ne sont pas obligés de pointer tous les jours, qu’ils travaillent au grand air et pas dans des tours avec 2m² d’espace privé au milieu d’open space … Et dire que c’est sensé nous  motiver !

Le film est présenté comme une success story, qui commence avec des images du navigateur, enfant prodige d’une famille déjà dans le métier, par la suite exploits et victoires se succèdent, lui, arrivant toujours au bout de ses paris fous, contre vents et marées … Le tout agrémenté de quelques jeux de mots débiles comme : il a traversé en catimini, sur son catamaran … wah ! Et dire qu’ils ont dû payer pour ça …

Ce qui me rassure c’est de savoir que même en étant un grand navigateur on ne peut pas échapper au système, il faut faire sa pute dans les entreprises pour récolter des fonds. Son multicoque ne s’allégera pas grâce à  la volonté du saint esprit … J’aurais été curieuse de savoir ce qu’il en pensait réellement ? Se faisait-il chier ou se prenait il vraiment au sérieux et venait sincèrement partager son expérience de winneur avec nous ?
Dans quel cas, je ne sais pas si je trouverai cela moins pathétique…

Le documentaire finit sur une image d’un bateau, portant le nom de la boite qui vient de nous racheter et les applaudissements retentissent !
Et je me dis qu’il n’y a pas que les  focs  qui aiment se prendre le vent par derrière…

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22 octobre 2005

Boire, fumer et PARLER ...

img_00261Quelque part dans Paris, profitant des dernières soirées douces de l’année, pendant lesquelles on peut encore se permettre de siroter nos Caipirinha et autre Cosmopolitan et profiter d'une agréable et grande terrasse parisienne.

Les tapas marocaines avaient bien le goût du pays et la discussion était bien engagée.

Et ce soir au rythme des clopes et des verres de vin marocain, (oui nous sommes passés au vin par la suite), j’ai fait le constat que je fais à chaque fois que nous sommes  plus de trois à discuter d’un sujet.

Je vous fais part du fruit de mes constations.

La « discussion » naît d’un sujet unique. Elle est alors une idée simple, une cellule ronde et sans relief. S’enrichit, parfois change de sujet, une espèce de mutation spontanée, puis elle grossit et mûrit de façon nuancée dans l’esprit des uns et des autres. Au fur et à mesure, elle prend la forme d’une perle multi-facettes dont le nombre de faces est proportionnel aux gens qui prennent part à la discussion.

La petite superficie, de l’étendu de la discussion, qui a germé dans l’esprit de chacun de nous commence à prendre forme. Un petit embryon qui se développe à son tour, se nourrit des bribes d’information captées ça et là lors des rares moment d'attention qu’on ne passe pas à penser à ce qui se trouve dans nos entrailles.

Vient alors le moment où l’idée atteint son terme et là on est pris d’une envie terrible de l’expulser, les contractions se font de plus en plus violentes, on ravale les mots qu’on n’arrive pas à placer à cause de l’autre qui débite comme une mitraillette.

Le couper, oui on peut mais ça ne se fait pas … On souffre en attendant, les spasmes nous relancent et l’envie est de plus en plus pressante d’exposer son idée montrer aux autres combien notre bébé est beau.

On cherche de nos yeux suppliants une sage femme ou un sage homme qui consente à nous aider à mettre bas notre idée qui risque de mourir en nous si elle ne sort pas à temps.

On finit par croiser d’autres yeux vivant le même calvaire, animés par le même feu, l’envie de parler. Par un consensus bilatéral dont les termes du contrat son implicite : "Je te prête mon oreille mais tu feras de même".

La sous-discussion naît et se détache du corps de sa génitrice.

C’est le moment que j’appréhende le plus. J’ai horreur des sous-discussions. Moi qui n’aime pas manquer une miette d’une conversation et qui ne suis pas multi-taches pour un sous, je fais comment moi !

D’autant plus que les sous-discussion entamées sont généralement complémentaires ! Et ça m’énerve !

Et pour ne rien arranger, les flux d’échange des protagonistes des différentes sous-discussions sont souvent croisés càd que personne ne parle à son voisin que chacun parle à la personne en face, ce qui ne semble déranger personne.

Sachant que ceux qui parlent fort ne sont pas toujours ceux qui disent les choses les plus intéressantes, j’essaie de me brancher sur les échanges de ceux qui parlent bas. Oui parce qu’en plus les affinités se créent par la fréquence de la voix ce qui est logique.

Ceux qui parlent fort accaparent la discussion, ceux qui parlent bas n’arrivent pas à en placer une et du coup : ils essaient de se créer leur propre groupe. Un peu comme dans les partis politique. Mais bon ça c’est un autre débat.

Le flux de la discussion mère finit par se tarir et c’est là que le premier groupe ayant épuisé leur stock d’avis et d’idées revient à la charge et essaie de se déverser dans le ruisseau qui a dévié tout à l’heure.
La discussion redevient unique et le cycle reprend …

Posté par AigreDouce à 16:30 - In my Head - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 septembre 2005

Les branleurs de la table ronde.

t010061aCe jeudi matin, j’avais réunion. Comme à mon habitude, j’ai pris 10 minutes de mon temps pour noter les points que je voulais aborder. Armée de mon cahier et de mon stylo, je monte au 19ème en pensant que j’étais à la bourre. En arrivant j’ai eu la surprise de constater que j'étais parmi les deux premiers dont le chef (qu’on va appeler Arthur) qui n’a pas vraiment de mérite puisqu’il est l’occupant dudit bureau.

La table ronde commençait à se peupler au gré des arrivées.

Une fois tout le monde assis, je jette un bref coup d’œil circulaire autour de moi pour une estimation rapide de la durée théorique de la réunion. Ma théorie est la suivante : si X a noté 4 lignes dans son ordre du jour, il va parler pendant, allez genre 6 minutes : j’additionne le nombre de points, je rajoute la moitié (puisque c’est sensé être une réunion d’info et non pas une réunion de prise de décision) je répète l’opération par participant et j’ai une estimation approximative du temps que va prendre la réunion.

Mon sang ne fait qu’un tour à la vue des feuilles blanches sur la table, je panique, je perds pied ! Si cela voulait dire quelque chose c’était que je n’ai aucun indice pour déduire l’heure où je serai enfin libre. Quelqu'un claque la porte, je sens le piège se refermer.

Arthur commence par nous demander si quelqu’un veut commencer. Ce genre d’introduction a toujours le même effet : des sourires niais se dessinent sur les lèvres et les regards se croisent, s’emmêlent dans un joyeux bordel silencieux tempéré par des petits rires étouffés. Je laisse durer un peu le plaisir de ce moment de confusion totale comme je les aime, et je déclare, fière de mon effet, que je peux commencer si personne n’y voit d’inconvénient.

Je commence par parcourir mes points dont deux concernant directement deux des personnes présentes auxquelles je remets les documents qui argumentent mes dires et continue sur des infos plus générales au déroulement global du projet. Une dernière question d’Arthur à laquelle je réponds brièvement et au bout de 5 minutes l’affaire était bouclée.

Notre chef interpelle mon voisin pour poursuivre le tour de table. Mon cœur se serre, j’attends la suite comme un verdict, je prie pour que ça soit rapide, efficace et concis. Le voisin commence par un : « hé bien, moi je n’ai rien de spécial à vous communiquer » qui me rassure, suivie d’un « par contre j’aurai voulu dire que.... » qui me fait perdre mes illusions ! Le bla bla bla qui a suivi a duré une demie heure ! ! ! ! Ce n’était pas complètement un monologue car alimenté par des interventions d’Arthur : des questions, réponses, réflexions, temps morts alors qu’on se faisait chier comme des rats morts ! Heureusement que le mec n’avait rien à dire ! !

Le voisin de mon voisin la même chose ! ! Il commence pareil et monopolise l’attention pendant 15 minutes ! Au bout d’un moment j’ai eu l’impression que chacun avait décidé de faire chier les autres juste parce qu’il s’était bien fait chier juste avant !

J’ai commencé à suer, souffler mon rythme cardiaque à s’accélérer, j’avais envie de déboutonner ma chemise et pousser un grand cri, monter un putsch contre Arthur qui laissait faire cette anarchie ! Au lieu de ça j’ai commencé à écrire ce poste en séance … ce qui m’a permis de me calmer, de ne pas m’ennuyer, de ne pas donner l’air de m’ennuyer, de ne pas perdre mon temps,  et surtout, surtout chacun était flatté pensant que j’étais en train de prendre des notes des coneries qu’il racontait … Hihihihi heureusement qu’on ne m’a pas demandée de faire le compte-rendu ! Ils n’auraient pas été déçus du voyage …

Posté par AigreDouce à 13:03 - In my Head - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 août 2005

Il n'y a pas de sot métier ... quoique ...

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L'autre jour en sortant du bureau je passe devant la réception comme d'habitude, et je dis " Bonne soirée " aux filles de l'accueil comme d'habitude, ce à quoi les filles répondent en choeurs un "Bonne soirée" qui laisse deviner la fatigue laissée par journée de dur labeur. Ca manquait un peu d'entrain, la mélodie était moins joyeuse qu'au matin, la synchro n'était pas tout à fait au point, un léger décalage du mouvement de tête...

Non mais c'est quoi ce travail ! Elles devraient répéter un peu plus tout ça ! Se retrouver après le boulot une fois ou deux par semaine et répéter : les "bonjour", "bonsoir", "bonne soirée", discuter et débattre de la stratégie de marketing  et de packaging de la formule, en l'occurence : les différentes mélodies à adopter, les sourires de circonstance, travailler la synchro, l'endurance, la fréquence, les mouvements de tête les battements de cils tout ça... Je vous dis c'est un vrai métier !

Blague à part : A votre avis, combien de fois par jour les filles de ma tour font démonstration de leur talent et de leurs dents blanches ?

Ma tour est d'une taille moyenne 20 étages, si on suppose que chaque étage abrite une 50ène de personnes ça fait 1000 on enlève 200 impolis et 100 absents ça fait 700. On multiplie par 2 car généralement on dit un " bonjour " le matin et un " bonsoir " le soir, je ne compterai pas les relous et les dragueurs qui leur font subir les " bon appétit " en partant manger et " bon après midi " en revenant du déjeuner, ça fait quand même 1400 de bonjour/bonsoir par jour ! Et avec le sourire svp.

D'ailleurs une étude sérieuse a démontré que "le sourire jaune" chez les hôtesses d'accueil est cause de fréquentes de crampes aux muscles de mastication, ce qui fait de ce métier un métier à hauts risques et d'après la même étude la pratique de ce même sourire qui consiste à serrer les dents et faire une grimace avec les lèvres de façon à dénuder ses dents, développe étonnement la force de l'occlusion des mâchoires ce qui fait d'elles de sacrées mordeuses (désolé pour tous ceux qui fantasmaient sur la petite blonde de l'accueil sous leur bureau... arght ! ! ! )

Il y quand même une qui fait exception parmi les filles qui défilent, que je respecte beaucoup : Elle ne regarde personne, elle ne sourie pas, et quand son regard croise le tien elle le fait glisser sur toi comme si tu faisais partie du paysage et elle continue son travelling ! Enfin une qui a compris qu'elle n'est pas rémunérée au bonjour/bonsoir.

Ben du coup je me demande : qu'est ce qu'elle fait de ses journées ?

 

 

Posté par AigreDouce à 23:15 - In my Head - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 août 2005

Le jour où ça fait "Tilt" ..

miro
Aujourd’hui le mercredi 03 Août 2005 retenez cette date .. c’est une date historique, c’est le jour où j’ai atteins le niveau de mégalomanie nécessaire pour entendre mon “ moi ” me souffler : Aujourd’hui ton blog tu créeras, Ton avis au monde tu donneras et de celui de ceux qui s’en fouteront tu ignoreras..

Bon il faut dire que ce matin c’était inévitable : Toute de noir vêtue (avec une pointe de blanc pour la classe) mes grosses lunettes noires de “ STAR ”, j’ai branché mon lecteur mp3 et je suis sortie de chez moi .. en marchant dans ma rue déserte : je me suis sentie l’âme d’Isabelle Adjani dans ce film où elle se balade sur la croisette (cette petite précision n’engage que moi : je n’ai jamais vu le film donc je ne peux affirmer avec certitude que c’était sur la croisette qu’elle se baladait) .. mais cette image s’est naturellement imposée dans mon esprit lorsque mon regard a croisé mon reflet dans l’une des tours en arrivant au boulot (oui, oui vous avez bien lu .. en même temps c’est mon blog j’écris ce que je veux !) à tel point qu'en rentrant dans le hall de ma tour j’ai retenu un “ pas de flash svp ” (oué ça va … c’était le soleil qui s’est réfléchis contre une vitre .. mais quand même)… Autant de signes m’on convaincue de contribuer avec ma crotte personnelle au paysage d’excréments existant sur le net * .. et je vais vous en chier des postes .. Oui c’est très poétique je sais, je suis comme ça je suis une romantique..

Mis à part mon côté poète scato j’ai d’autres qualités bien évidemment, vous aurez le plaisir de les découvrir au grès de mes inspirations..

 

A très vite ...

 

* Comparaison scatologique inspirée ce matin à la vue d’un tableau de miro intitulé « Homme et femme devant un tas d’excréments » 1936, inspiré lui même par les mots de Rembrandt « je trouve des rubis et des émeraudes dans un tas de fumier » …

 

Posté par AigreDouce à 11:48 - In my Head - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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